jeudi 11 août 2011

Rigolade "à la limonade" !


Après le déluge des derniers jours, la rivière était impraticable ce dimanche matin du 07 Août 2011, à Rupt sur Moselle elle charriait même des feuilles. Une fois sur place, difficile de rebrousser chemin et se dire, on rentre sans pêcher, donc j'ai pris la décision de prendre la direction de Fresse sur Moselle pour passer la journée chez Alain. "Alalimonade", vous connaissez ?

C'est en compagnie de padawan, grand séb, que nous allons passer une journée mémorable à traquer les truites Arc en Ciel et les Saumons de Fontaines aussi bien en pêchant à la nymphe vue, au chironome ou encore en sèche avec un chiro suspender. (boule de polystyrène et bas nylon) Vu le stock de poissons sur les étangs, nous avons passé un bon moment à rigoler, un coup c'est un qui est pendu, un coup c'est l'autre, il faut dire aussi que les poissons sont rarement sollicités à la mouche donc cela a aussi contribué au succès de cette journée. Je ne saurais dire combien de truites ou de saumons de fontaine se sont retrouvés dans nos épuisettes mais le chiffre est tellement monstrueux que de toutes façon, on ne me croirait pas !!!

J'ai également tenté messire Esox Lucius au streamer plusieurs fois au cours de la journée. Je peux vous garantir qu'il y a des brochets énormes mais ils ne sont pas faciles. Comme vous allez le voir sur la vidéo, certains dépassent le mètre et même bien plus encore ... La clarté de l'eau où se situent les brochets vous permet de les voir et ce jour là, j'ai vu des poutres suivre mes streamers !



Pour ceux qu'une partie de pêche détente dans un cadre calme au cœur des Vosges tente, faîtes vous plaisir et venez pêcher "Alalimonade", d'autres étangs sont là pour contenter tout un chacun. Un grand merci à Alain pour cette magnifique journée !

vendredi 5 août 2011

La pêche et les réciprocités


Alors que la vente de cartes de pêche est en chute libre depuis plusieures années, cela se confirme d'après les premiers éléments de l'année en cours, il serait temps de se poser les bonnes questions. Pourquoi la pêche n'attire plus les foules ? Le manque de poissons, les sociétés de pêche trop nombreuses, la multiplication des loisirs, le prix de la carte de pêche, une réglementation parfois inadaptée plus sans doute un tas d'autres raisons. Pour faire un point sur notre département, les Vosges, il y a parfois des raisons de se décourager, prenons le cas de la réciprocité par exemple. Il n'existe pas moins de quatre groupements sur le département, le GPV (Groupement des Pêcheurs Vosgiens) regroupant les rivières de plaine et seul adhérent à l'URNE (Union Réciprocitaire du Grand Est), le GPRMV (Groupement Réciprocitaire du Massif Vosgien) , le GAP (Groupement d'Action Piscicole) et pour finir l'Entente Halieutique des trois vallées. Dans tout ce bric à brac il faut bien avouer qu'une vache ne retrouve pas son veau ! Si l'on y regarde d'encore plus près, sur la même rivière il y a plusieurs groupements et je ne parle même pas des sociétés de pêche qui ne veulent participer à aucune réciprocité et qui contribuent à morceler les parcours de pêche. Comble du comble, il semblerait même que des AAPPMA ne seraient pas sous le couvert de la fédération de pêche du département, ce qui semble invraisemblable.

Ce qui a tendance à m'agacer au plus au point c'est que certains pêcheurs et dirigeants ne veulent pas entrer dans un système réciprocitaire sous prétexte que d'autres vont venir piller "leurs rivières et leurs poissons" à leur place, mais ce qu'ils oublient de dire tous ces braves gens c'est que dès lors que la pêche en première catégorie est fermée, ils sont bien contents de venir pêcher à une canne sur le domaine public en deuxième catégorie pour casser du carnassier sans dépenser le moindre euro supplémentaire pour exercer le droit de pêche !

Il serait grand temps de faire changer les choses, des solutions existent, l'AAPPMA de Granges sur Vologne a tenté de protéger les habitants de la rivière avec un arrêté préfectoral à titre d'expérimentation et il semblerait que cela fonctionne. La protection des brochets sur les frayères en première catégorie sur la rivière Moselle a semble t-il porté ses fruits et dès lors que la rivière s’assagit, on y retrouve du fingerlin. Je le répète encore, des solutions existent, l'Ombre commun sur la Moyenne Moselle fait son retour grâce au soutien du GPV (alevinage d'ombrets) et à la protection qui va avec, pêche en No-Kill intégral. Si chaque AAPPMA arrêtait simplement de faire du nombrilisme et essayait de ne pas prendre la rivière pour une source intarissable, les choses évolueraient bien plus vite. Au lieu de ça, chacun reste dans son petit monde, ce temps est révolu, messieurs il faut vous réveiller sinon vous finirez par mourir ! Je le dis clairement, certaines AAPPMA n'ont plus leur place, les petites avec une vingtaine de membres notamment ou encore des linéaires dérisoire, il faudrait réduire le nombre de ces associations à un nombre raisonnable, actuellement il y en a plus de soixante dix dans le département des Vosges. A partir de ce constat comment faire pour voir naître une réciprocité au moins départementale dans un premier temps ? Mission impossible à mon avis. 

Les pêcheurs aussi ont leur propre part de responsabilité, combien parmi eux assistent aux assemblées générales ? En vérité quasi personne, il suffit de voir sur une grosse association comme celle d'Épinal avec deux milles sociétaires, quand il y a cinquante personnes, en retirant les gens du conseil d'administration, c'est le bout du monde ! Pour fréquenter plusieurs AAPPMA, et assister dans l'ensemble aux assemblées, ce constat est général. Partant de ce principe, il n'y a jamais de problèmes à résoudre et la routine s'installe. Par ce fait, aucune remise en cause des dirigeants, on continue à gérer de la même façon depuis des années sans se poser la moindre question.

J'ai posé la question d'une réciprocité élargie au sein du département il y a déjà deux ans, un président d'AAPPMA m'avait quasiment certifié que cela allait se faire l'année suivante ou celle d'après ... Aujourd'hui, rien ne s'est fait et chacun campe sur ses positions. Il est grand temps de mettre un coup de pied dans la fourmilière. A l'heure où j'entends parler de prochaine réciprocité nationale, avouez qu'il y a de quoi sourire. Aujourd'hui je considère notre département comme le fameux village gaulois qui résiste dans son camp retranché de la gaule à l'envahisseur Romain dans les aventures d'Astérix et Obélix. Certes notre région est bien en retard et l'on commence à se regrouper un peu, notamment au sein de l'URNE (Union Réciprocitaire du Nord Est) mais là encore, certains départements ne jouent pas le jeu et n'offrent rien de concret, pire encore j'en ai même vu offrir moins qu'à l'époque d'une réciprocité appelée URGE.

Ci dessous un montage vidéo réalisé par Hervé57 pour illustruer une sortie entre pêcheurs réciprocitaires de l'URNE.


Merci Hervé pour l'autorisation d'utiliser ton montage sur mon blog et bravo pour celui ci aussi !

Désormais, si vous voulez faire changer les choses, il faut que chaque pêcheur se sente responsable et prenne ses responsabilités. Allez aux assemblées, votez, exprimez vous, c'est votre droit ! Présentez vous dans les associations, investissez les conseils d'administration, apportez vos idées. Des idées nouvelles qui pourraient dissuader les viandards comme par exemple ne plus mettre de poissons surdensitaires dans les rivières. Petite remarque en passant, je l'ai déjà dit sur ce blog, depuis le temps que l'homme déverse des poissons dans les rivières, il ne devrait plus y avoir de place pour y mettre de l'eau, et pourtant, il n'en est rien. Laissez vivre les reproducteurs, comme par exemple instaurer une tranche de capture où il serait interdit de prélever le moindre poisson comme cela se fait en Irlande. Seulement 1 Kilo de brochet par jour, ce qui correspond à un poisson de moins de cinquante centimètres. Tous les autres doivent être remis à l'eau mis à part les poissons trophés, cela laisse rêveur mais pour être un fidèle de l'île d'émeraude, je peux vous garantir que cela fonctionne. Le temps de la pêche pour se nourrir est dépassé, la pêche devrait plus être considérée comme un sport ou l'adversaire devrait être respecté. Mais les habitudes ont la vie dure et l'on trouve encore beaucoup trop de viandards sur des rivières qui ne peuvent plus fournir la ressource.Comme dirait un président d'AAPPMA que je connais bien, à partir du moment où tu supprimes le père et la mère, il est évident que les espèces puissent disparaître. D'autres idées peuvent être mises en avant, ce n'est pas Christophe qui me contredira, imposer un quota sur l'année avec un système de bagues comme pour le saumon permettrait là aussi de sauvegarder quelques espèces. En plus cela faciliterai le contrôle des pêcheurs par les gardes pêche particuliers et consorts et éviterait les sempiternels voyages à la voiture que tout le monde a observé au moins une fois.

Pour en revenir à une réciprocité départementale en elle même, il est évident que chacun des pêcheurs du département ne va pas traverser ce dernier tous les jours pour allez taquiner la truite ou d'autres espèces. Tout au plus au début certains viendront découvrir de nouveaux horizons mais l'éloignement et surtout une protection drastique des populations de poissons fera sans doute le reste, le pêcheur dans sa grande majorité va se cantonner à pêcher chez lui. Des réunions ont eu lieu mais pour le moment, silence radio, alors je pose la question ouvertement, à quand une vraie réciprocité sur le département des Vosges ? Je reviens à nouveau sur l'URNE, quand un département n'offre que son canal qui de toute façon est dans le domaine public, de qui se moque-t'on ? Dire qu'un département fait partie de l'URNE c'est bien joli tout ça mais il faudrait que tous les lots soient dedans et c'est loin d'être le cas. Nous n'en sommes probablement qu'au début de cette réciprocité mais il va falloir passer une vitesse supérieure maintenant sans quoi à quoi cela servirait-il de continuer ? Sinon encore une fois essayer de faire les poches aux pêcheurs ?

Mon vœu le plus cher serait qu'une vraie réciprocité nationale voit le jour mais là je crois qu'il va falloir encore attendre un peu car il est clair que des résistants subsistent ici et là, il y a encore six départements qui ne sont entrés dans aucun groupe réciprocitaire et deux qui font leur sauce ensemble. Alors, Messieurs les présidents de fédération de pêche je pense que c'est à vous de faire prendre la mayonnaise et de faire que déjà au sein de vos départements l'entente soit établie, seulement ensuite nous pourrons enfin parler de réciprocité nationale.

mardi 2 août 2011

Vent du nord sur la Moselle


Samedi une session pêche à la mouche était prévue avec deux Gob’nautes de la communauté du grand Nord-est, plus précisément de la région de Metz, Hervé et Cyril ainsi que Séb le couvreur, mon padawan.
Le lieu choisi était la Moselle aux environs d'Épinal où le rendez vous était fixé à huit heures. Le vent considéré comme l'ennemi public numéro un était déjà bien présent et de surcroit mal orienté, vent de Nord, Nord-est, autant dire que la partie s'annonçait mal.

En aval du "pont canal" de Golbey, sur les plats des vagues remontaient le courant, la force du vent empêchait les lancers vers l'aval et nuisait considérablement à la présentation. Les ombres tant recherchés ne se sont pas montrés enclins à prendre nos mouches dans ces conditions et nous nous sommes résolus à pêcher la zone de courant, un peu trop rapide à mon goût vu la hauteur d'eau, où quelques poissons se sont laissés prendre aux pièges tendus. Sèches et nymphes ont permis de capturer quelques spirlins, vandoises, chevesnes et de tout petits ombrets de l'année. Sur un poste très marqué je me suis fait aspirer une phrygane en chevreuil par une splendide truite, j'étais déjà aux anges et exultai mais la belle a fini par se décrocher, j'enrageai !


Après la pause casse croûte, nous avons tenté le secteur en amont sans plus de réussite, le vent était même plus fort qu'au cours de la matinée et vers dix sept heures nos amis mosellans s'en sont retournés dans leurs pénates. Ce fût malgré tout encore un bon moment passé ensemble et gageons qu'à l'automne prochain la rivière nous livrera ses trésors.

Juste après le départ de nos amis, nous avons tenté encore un autre secteur connu pour abriter de jolis spécimen, le courant tirait fort, bien trop fort et même avec un vent amoindri du fait que la rivière est orientée différemment, uniquement les petits ombres se sont emparés de nos mouches sèches. Le seul de taille convenable, je l'ai une fois de plus dépiqué, à ma décharge il s'est mis à tourner dans le courant donc avec la force de ce dernier, deux alternatives étaient possible, la casse ou le décrochage ...

Au fil des parties de pêche je bascule du coté obscur de la force, le fougueux jedi du début de saison n'est plus que l'ombre de lui même !

jeudi 28 juillet 2011

Pêche à la mouche sur la Bienne

Après l’article "misère sur la Bienne", voici le résumé en vidéo de ce séjour de pêche à la mouche dans le Haut Jura qui, même si la pêche n’a pas été à la hauteur de nos espérances, restera gravé pour les bons moments partagés. Les accès sont peu nombreux en amont de Saint-Claude, la nature s’en trouve un peu plus préservée. Le cadre est vraiment sympa, Sous roche blanche, Pissevielle, le pont de Longchaumois, de bien beaux souvenirs, il ne manquait que les poissons …

Bon film !

mardi 26 juillet 2011

Pêche à l'anglaise à la limonade


Sur une superbe initiative de l’ami Marc, il était décidé d’aller faire une session de pêche sur les étangs d’Alain LIMON en compagnie de mon paternel. Ce dernier qui adore la pêche au coup va être gâté au vu de la quantité de poissons présente dans les étangs de " à la limonade ". Toutefois aujourd’hui, il n’utilisera pas sa traditionnelle canne à déboîter mais plutôt une canne anglaise pour la toute première fois de sa carrière de pêcheur. Après des débuts quelques peu laborieux et quelques emmêlages, mon père va enfin toucher ses premiers poissons. Quelques gardons dans un premier temps puis des carassins vont se laisse capturer, puis soudainement la touche, la vraie, est arrivée. Malheureusement le poisson était bien trop gros et la lutte inégale, la monstrueuse carpe s’en est allée dans le tas de bois et la casse fût inévitable.


Après le casse croûte du midi partagé avec le maître des lieux qui nous avait préparé un « barbecue à la sauce barbare », il était temps de reprendre le cours de nos activités. Les poissons fort sympathiques étaient toujours sur le secteur et à peine un petit rappel d’amorçage que les flotteurs anglais coulaient déjà ! Tout au long de la journée les touches se sont succédées. Carassins de multiples variétés, carpeaux, tanches, gardons, ainsi que d’autres poissons dont je ne connais pas les noms, sont venus remplir les bourriches. En fin d’après midi j’ai même capturé deux carpes « genre carpe koï » toute rouges, elles sont toutes rondes et rigolotes.

Un peu avant de remballer, des poissons fouillaient sur le fond, des bulles étaient visibles sur un demi mètre carré. L’absence de vent me permettait de me positionner juste à l’emplacement, après deux touches très franche et annonciatrice de poisson plus gros loupées en moins d’une minute, je m’exaspérais. Quand soudain après un dernier positionnement de la ligne, le flotteur s’enfonce comme au ralenti, je me prépare au ferrage, le flotteur anglais est bien sous l’eau quand je décide à piquer le poisson. Cette fois c’est sûr, je suis attelé avec un poisson bien plus gros, je me rappelle la mésaventure de mon père et je contre bien le poisson, le frein est bien réglé. Toutefois, la carpe essaye bien de se réfugier dans les tas de bois mais c’est bien moi qui aura le dernier mot. Après une splendide bagarre, c’est une superbe carpe commune qui viendra s’échouer dans l’épuisette. Merci pour la photo à Christophe.


Après la photo et la remise à l’eau il fallait ranger notre matériel. Le propriétaire des lieux est venu constater notre pêche et en a profité pour soigner les poissons pris avec du bleu de méthylène. J’ai passé journée formidable et je pense que je ne suis pas le seul, mon père a beaucoup apprécié. Avant de partir, encore merci à Marc pour l’organisation de cette journée. J’invite tous les pêcheurs qui veulent prendre du poisson de qualité et varié, avoir de la touche à gogo, bref pêcher en se faisant plaisir, de venir faire une journée de pêche " à la limonade ". Si vous avez peur de ne pas savoir faire ? Très simple faîtes appel à des professionnels qui sauront vous encadrer et vous guider pour une pêche de qualité, adressez vous à la compagnie des guides de pêche des Vosges !

Encore un grand merci Alain pour ta gentillesse, comme tu le dis souvent toi-même, tu es un bon gamin !

jeudi 21 juillet 2011

Misère sur la Bienne


Du 13 au 17 Juillet, le club mouche d’Épinal organisait sa sortie estivale sur une rivière du Haut Jura pour changer un peu et découvrir d’autres lieux. Nous sommes neuf membres pour cette sortie répartis dans trois voitures, un espace, la volvo et sa remorque plus le kangoo fourgonnette, le tout chargé à mitraille. La Loue chez Sanso, qui habituellement nous sert de terrain de jeu est encore en souffrance donc autant la laisser souffler encore un peu. Après un repérage effectué à Pâques cette année, la rivière semblait pouvoir nous accueillir mais c’est sans compter sur les aléas météorologiques. Le camping municipal de Saint-Claude, le martinet, servira de point de chute après les trois heures trente de routes. Partis de nos Vosges en début d’après midi sous la pluie, qui nous accompagnera un bon moment, nous allons voir les rivières gonfler et devenir brune à mesure que nous descendons vers la Franche Comté. A mi chemin au moment de la pause, la pluie cesse et l’on peut espérer trouver la rivière en bon état à notre arrivée. En fin d’après midi nous arrivons sur la région de St Claude et la pluie a fait son retour, la route est détrempée et il faut faire attention aux nombreux virages avant d’arriver à la capitale de la pipe et du diamant.

Les deux emplacements pour notre campement sont assez bien situés, la route est plus large et nous pourrons stationner les trois voitures en face des tentes, de plus nous avons le bloc sanitaire tout près ce qui sera très pratique. Pendant que certains commencent à monter le camp sous la pluie, je récupère le nécessaire pour allez chercher les cartes de pêche en ville. Une carte vacances pour un montant de 18 euros ce qui reste honnête par rapport à certaines sorties effectués par le passé, je me rappelle notamment celle sur la société de Clairon sur la Loue avec des prix exorbitant pour un parcours morcelé.

En début de soirée la pluie cesse mais il faut bien se rendre compte que toute cette eau tombée à priori toute la journée sur St Claude et environs va finir par arriver dans les rivières. Derrière nous se trouve une petite rivière nommée, le Tacon, au fur et à mesure que la soirée avance, le bruit de l’eau augmente. Cela n’envisage rien de bon pour le lendemain. Après un bon repas il est temps de trouver le sommeil réparateur, qui pour ma part ne viendra pas, le bruit de l’eau sera trop puissant. Au réveil, la petite rivière est vraiment haute, un moniteur de kayak nous le confirmera car son point de repère se trouve juste derrière notre campement.


Ce premier jour sera donc consacré à faire du repérage pour les jours suivants. Nous allons avoir la chance d’être guidé par un cousin d’un des trois Christian qui réside à la Rixouse et pêche lui aussi à la mouche. Avant la petite balade, un apéritif nous sera offert par l’Oncle à Christian, Merci encore. Quand je parle de petite balade, nous avons découvert que dans certains secteurs comme vers Villard sur Bienne, il faut avoir envie d’aller à la pêche, il faut descendre un long chemin avant d’apercevoir la rivière. Ensuite il faut avouer que c’est très beau, l’endroit ne doit pas être hyper fréquenté. Le niveau de la Bienne est toujours bien trop haut, nous ne verrons pas ce lieu sous son meilleur jour. Après il va falloir remonter la pente et cela ne sera pas une mince affaire, chacun à son rythme, certains même vont se mettre un fardeau de plus, un genre de souche d’arbre en partie fossilisé. Nous avons également visité, plus en aval sous roche blanche plus accessible. Ensuite il était temps de rejoindre le camping pour le repas après lequel certains d’entre nous se rendront à la piscine pendant que d’autres feront une sieste. Vers 17 heures nous allons continuer un peu la prospection juste en amont de st Claude, aux champs de Bienne, le parcours à l’air sympa mais ici aussi l’eau est encore trop haute mais à priori en train de baisser. Retour au campement, préparation du repas pour certains pendant que quatre d’entre nous essayent malgré tout la rivière derrière le camping, le Tacon, l’eau est haute mais il faut tenter le coup, avec la meilleur volonté, impossible de faire monter un seul poisson sur les sèches, pourtant une éclosion de petits éphémères et d' Ecdyonurus se déroule pendant la partie de pêche. Plus en amont Christian capturera trois petites truites à l’aide de nymphes plutôt lourdes.


 Il n’a pas plu de la journée, il a presque fait chaud au soleil et presque fait froid à l’ombre … Demain les niveaux seront sûrement plus propices à la pêche, et nous décidons d’aller sous roche blanche. Le lendemain matin, une fois sur place les groupes se forment, moi j’ai envie de remonter assez haut pour vraiment trouver des secteurs moins pêchés, le grand Séb me suivra et nous allons effectuer à nouveau une sacré balade avec quelques tentatives de pêche mais l’eau est encore bien trop torrentueuse et la pêche à vue restera impossible, la sèche ne donnera rien, il aurait sans doute fallu pêcher au fil mais je n’en avais l’envie. Le rendez vous du repas était fixé pour 13 heures et nous avons marché pendant plus de trente minutes pour rejoindre le parking …


 Le bilan de la matinée est triste pour tout le monde, pas de poissons ou quelques petite riquettes ! (Pléonasme) Le barbecue est excellent et les histoires vont bon train que déjà il faut retourner à la pêche, but de notre séjour. Cette fois je ne souhaite pas marcher autant que le matin, mais le terrain moins accidenté me fera faire un bout de chemin quand même, jusqu’au moment où un gros plat retient mon attention. La pêche en sèche et même à la nymphe à vue doivent y être possible sous réserve d’y voir un poisson, chose qui n’arrivera pas, quel dommage. L’eau est très froide pour la saison, c’est étrange, je n’ai pas l’habitude de trouver des eaux si froides en cette saison dans les Vosges. Après avoir grenouillé toute l’après midi sans prendre le moindre poisson en remontant, je reviens sur le grand plat avec du renfort et quelques riquettes vont à nouveau montrer le bout de leur nez. Quelques gobages apparaissent enfin mais sans poissons de taille correcte. Il est l’heure de remonter vers le pont, bizarrement personne n’y pêche, je me jette à l’eau apercevant un gobages sur la bordure. Le coup n’est pas simple mais j’ai la foi et je vais réussir le coup. Seulement une fois de plus le poisson est de petite taille, même pas vingt cinq centimètres. Une belle éclosion a lieu plus en amont et fait sortir quelques poissons de leur léthargie mais toujours de taille plus que modeste, la plus grosse truite zébrée du jour mesurera vingt-neuf centimètres, c’est pour dire. Retour pour finir au niveau du pont et de la prise d’eau de l’usine électrique, quelques poissons gobent de façon sporadique, je vais en tenter un mais sans succès et je fini par capituler. Mon padawan, qui me suit à nouveau, va réussir à prendre une truite sur ce secteur pendant que d’autres membres de l’expédition le regardent depuis le pont.


Il est grand temps de rentrer au campement pour un repas gargantuesque comme toujours, j’en profite pour saluer ici l’ensemble de l’équipe pour la participation à la préparation des repas aussi bien qu’à la vaisselle le tout sous la houlette du cuistot en chef, Michel. Ce soir là c’est une tartiflette que les nombreux passants vont nous envier …

Le lendemain nous allons décider de descendre plus en aval afin de peut-être trouver une rivière moins torrentueuse et ce que nous allons trouver entre vers Vaux les Saint-Claude. Une fois de plus je vais arpenter le terrain en compagnie de mon padawan et de Dominique, sur des secteurs en descendant, je trouve anormal de ne pas voir de truites postées, un courant lent, des roches, un mur de pierre, des trous d’eau, bref, tout pour plaire ! Après un très long plat, nous allons enfin trouver quelques truites et aussi un super endroit pour casser la croûte. Malheureusement Séb va manquer le premier poisson en sèche. Ensuite je vais tenter l’aventure en Nymphe à vue mais le soleil va me gêner de telle façon que les ombres portées du bas de ligne ou de la nymphe feront fuir les truites systématiquement. Des gobages vont même avoir lieu sans toutefois pouvoir en tenter un seul de façon sérieuse. Il faudra remonter pour chercher le reste du groupe et les voitures. A nouveau un grand moment autour du barbecue du midi puis retour à la pêche pour essayer de finir le séjour en beauté mais il n’en sera rien. Deux trois ombres se feront piéger mais point de truites. Pourtant ce tronçon de rivière semblait prometteur, j’aurais bien aimé pêcher ce parcours sans l’énorme coup d’eau qui a sans aucun doute balayé le fond et de nombreuses nymphes.


Il n’est jamais bon de pêcher sur la décrue et nous en avons fait les frais tout au long du séjour. En prenant les relevés sur le site vigicrues, le débit de la Bienne était à 4m3 secondes depuis plusieurs jours sur la station de Jeurre. Elle est passée à 80m3 au petit matin du 14 juillet pour revenir à 4m3 le dix-sept juillet à six heures du matin jour de notre départ. Afin de finir en apothéose la pluie a fait son retour dés cinq heures trente et ne nous quittera pas jusqu’à Salins les bains ce qui va nous obliger à remballer tout le matériel sous la pluie équipé de nos waders pour ne pas finir trempé comme des souches. Déjà sous les tentes, une partie du matériel avait bien pris l’eau compte tenu de la force de la pluie. De retour à la maison, les débits parlent d’eux-mêmes, la Bienne est repassée à 149m3 secondes à vingt heures !

Ainsi s’achève ce périple qui me laissera un goût amer au niveau pêche. En revanche, (ça va plaire à certain) pour le reste nous avons passé de bons moments, entre les histoires de chacun, les décors magnifique et les goûteux repas. Merci à tous pour votre bonne humeur dans ces conditions pas évidentes du tout et à bientôt pour un petit montage vidéo retraçant cette aventure …

mardi 12 juillet 2011

Deux belles mouchetées


Au cours d’une journée très difficile pour cause de poissons hyper méfiants, j’ai réussi à prendre deux magnifiques mouchetées. Au départ je comptais faire une journée de pêche à la nymphe à vue mais les conditions climatiques sont venues jouer les trouble-fête, surtout dans l’après midi. Le matin en compagnie de mon padawan, Séb le couvreur, nous faisons une première fois le parcours, très peu de poissons présents et de surcroît inactifs. Même mes petites nymphes ne changeront rien à la donne. C’est un peu déçu que nous allons rebrousser chemin en direction de la voiture afin de prendre le repas de midi.

Le ciel commence à se voiler, après le repas, c’est remontés à bloc que nous referons le même parcours que le matin. Un premier poisson se fera berner par Sébastien à l’arbalète. Pendant ce temps là, je traque deux poissons sur le même secteur mais le vent poussera des feuilles qui vont recouvrir la surface et je serai obligé de quitter la zone car il devient impossible de distinguer même le fond, alors voir un poisson dans ces conditions …


Les truites sont toujours aussi méfiantes que ce matin, la visibilité baisse de plus en plus, et il va falloir se résigner à pêcher en mouche sèche. De toute façon quelques gobages commencent à poindre plus en amont. Je vais louper un nombre considérable de gobages, probablement des petits poissons, pendant que Séb m’encourage.

Finalement je vais réussir à prendre une truite de taille plutôt moyenne, ensuite nous allons pêcher à tour de rôle sur deux cent mètres. Quelques petits poissons nous feront la joie de venir à l’épuisette.
Plus tard sur un parcours encombré, mon padawan va perdre son sang froid et laisser quatre pointes dans les arbres avant d’abandonner, je suis aussi assez décontenancé devant le comportement de plusieurs truites que je n’arriverai pas à tromper et je vais moi aussi laisser une pointe dans un arbre.

Quelques instants plus tard après s’être calmé, et juste en amont de vingt mètres, la séance va prendre une autre tournure. Comme si un déclic s’était produit et à nous deux nous allons faire le parfait duo. Tandis que je pêche un courant, Sébastien observe quand tout à coup il s’écrie, là dans le calme, derrière les roches, j’ai vu un gobage. Le matin sous un autre angle nous avions vu deux poissons dans ce calme. Je lui demande de pêcher ce poisson qu’il a vu mais il ne veut pas, il me laisse le tenter. Je vais effectuer deux poser sur la zone sans succès. Peu importe, je décide de faire toute la zone d’environs trois mètres carrés maximum. Je pêche en effectuant " le coup du père François ", un coup de Jarnac si vous préférez qui consiste à poser la soie et une partie du bas de ligne pour éviter le dragage et aussi de se faire repérer. Au troisième caillou prospecté, un remous se produit au moment ou je retire la mouche artificielle, un éphémère au corps orangé. Séb qui a tout vu me demande si j’ai vu aussi, je réponds que oui tout en reposant la mouche exactement au même endroit. La truite n’était pas loin et elle se fait prendre au piège tendu. Après quelques tentatives pour se caver sous les roches elle arrive enfin à l’épuisette, il était temps car la pointe du bas de ligne et complètement éraillée.


Cette truite, on peut dire que nous l’avons prise à deux car sans Sébastien, je ne l’aurais peut être pas vue. Merci grand padawan !

Ensuite arrivé sur un grand plat il a fallu rebrousser chemin car deux pêcheurs se tenaient plus en amont. La pluie qui tombait depuis quelques minutes redoublait. Nous nous sommes réfugiés sous les frondaisons de quelques arbres. A partir de ce moment la pêche s’est déroulée entre des averses plus ou moins fortes et longues. A peine qu’une averse se terminait que les poissons se remettaient à gober, il fallait au moins faire un poisson sur ce secteur potentiellement porteur de grosse truites compte tenu de la configuration. J’étais assis sur la berge à contempler la zone quand mon regard a été attiré sur ma droite, un tout petit remous contre la bordure me signifie la présence d’un poisson. J’attends pour être sûr, au bout d’un moment le phénomène se reproduit. Cette fois c’est certain, un poisson vient se nourrir sur cette zone. Je tente le coup par deux fois en revers sans réussite, je me demande si je n’ai pas fait fuir ce poisson quand tout à coup, une belle averse surgit. Tant pis, je reste en poste, on verra bien, un quart d’heure plus tard je suis en partie trempé quand l’averse cesse enfin. A peine les dernières gouttes tombées que revoilà déjà un remous sur la zone que j’observe. Je me mets en place correctement sur la roche devant moi, je suis obligé de faire un revers comme précédemment, la truite aspire les mouches plus qu’elle ne gobe, en amont dans un espèce de renfoncement et sous des branches. Au deuxième lancer, la mouche est placée pile au bon endroit, si le poisson doit prendre c’est maintenant me dis-je au même moment où je vois le remous et le dos du poisson quand il bascule vers le fond. C’est parti pour une belle lutte, Sébastien, qui observait mon revers sans que je le sache depuis l’aval, comprend que cette fois, c’est un beau poisson et il arrive rapidement à mes cotés pour participer à la fête. Le combat tourne en ma faveur après quelques cabrioles de la belle tachetée, et voilà Salmo Trutta Fario qui bascule dans l’épuisette. C’est un superbe poisson qui va se prêter à une petite séance photo rapide avant de rejoindre l’élément liquide comme à chaque fois. Je suis heureux d’être là, c’est pour ce poisson que j’étais venu, un vrai beau poisson avec des taches noires de la couleur du charbon. D’après l’ami Christophe il traîne sur ce secteur des poissons bien plus gros encore. Nous y retournerons si les conditions se présentent à nouveau …


Merci à Sébastien pour les photos, tu as bien progressé et elles sont superbes ! La prochaine sortie c’est la Bienne pendant quatre jours avec cette fois l’espoir de tromper une belle zébrée en pêchant à la nymphe à vue comme lors de mon dernier séjour dans le Haut Jura.