dimanche 11 septembre 2011

Deux jours sur la Loue, chez Sanso


Comme promis dans le précédant article, voici un petit retour sur la dernière grande virée de pêche à la mouche de cet été, un séjour de deux jours sur la Loue sur le parcours de la famille Sansonnens . C’est à trois joyeux drilles, Séb le couvreur, Séb le bikeur et moi même, que nous avons quitté les Vosges le vendredi en début de soirée après une dure semaine de labeur pendant que certains profitaient encore de leurs vacances. Deux heures trente plus tard, sur le chemin étroit et pentu qui mène à la grange Golgru, le grand Séb, mon padawan, se demandait bien où pouvait se trouver la rivière. Cela me fait toujours drôle aussi en arrivant sur place, une fois arrivé à la maison comtoise de la famille Sanso, la vision sur la rivière est magnifique. Une fois les salutations effectuées, il était temps d’aller préparer le campement avant que la nuit ne tombe. En moins d’une heure, tout était prêt, les deux tentes montées ainsi que notre coin cuisine. Avant de passer à table, nous avons regardé les gobages juste en amont du campement, cela faisait envie compte tenu du nombre de ronds à la surface de l’eau mais il était bien trop tard pour s’équiper et pêcher, la nuit commençait à tomber. De toutes façons, nous sommes là pour deux jours et nous ferons au moins un coup du soir, voir deux, autant rester patient et attendre le lendemain.

Nous avions décidé de ne pas trop nous embêter avec la cuisine sur ce séjour et nous avons eu la chance d’être gâté par une amie et la sœur de mon padawan qui nous avaient préparé des quiches lorraines ainsi que des gâteaux au chocolat, j’en profite pour les remercier au passage car nous nous sommes régalés. Le premier soir donc, un petit apéro sympa mais sans excès avec ensuite la dégustation d’une quiche lorraine. Nous avons bien évidement commencé à tirer des plans sur la comète en prévision de la journée du lendemain, il faut dire que la Loue a tellement souffert depuis deux ans que nous ne savons pas vraiment si les poissons seront au rendez vous. Ceci dit, j’avais lu quelques nouvelles rassurantes quelques jours auparavant sur le blog de Nicolas GERMAIN et donc nourrissais quelques espoirs. Il faut dire que la dernière fois où j’avais pêché la « Loue chez Sanso » c’était en juillet 2009 où la rivière commençait déjà à changer par rapport aux années précédentes, la présence d’algues, un colmatage du fond de la rivière mais aussi une baisse de la densité de poissons ne présageait rien de bon. Dans l’hiver suivant, la situation a empiré et de nombreux poissons sont morts, seuls les plus résistants ont survécu. Je ne ferai pas le procès ici de Pierre, Paul ou encore Jacques afin de savoir à qui la faute, où encore qui fait quoi. Bien assez de monde sur les forums de pêche et ailleurs a avancé des hypothèses pour ne pas en rajouter une couche ici, je dresserai juste un constat, au fur et à mesure de cet article.

Le samedi matin après un bon petit déjeuné, nous avons vu arriver un pêcheur supplémentaire qui se déplaçait juste pour une journée, Séb le pareur. Nous voilà au complet pour la première journée avec trois Sébastien dont deux ne connaissent absolument pas la rivière. Une fois chacun équipé de cuissardes car le waders n’est pas autorisé, ceci afin de préserver le parcours d’une trop forte pression de pêche, il était temps d’en découdre avec les poissons de la Loue. Pour mon compte personnel et mes trois camarades, nous avons décidé de ne pas pêcher les ombres communs car nous avons la chance de pêcher la Moselle qui en est bien pourvue. La seule chose qui nous intéressait, c’était les truites fario méditerranéennes, les fameuse zébrées. Au départ, nous avons traversé la Loue pour pêcher la rive opposée à notre campement mais au bout d’une heure de pêche, nous avons changé de secteur devant le peu de poisson aperçu mais aussi à cause de l’orientation du soleil, le soleil dans le dos n’est pas la meilleur option dés lors que l’on décide de pêcher à vue. C’est en rive droite que nous sommes redescendus pour pêcher le restant de la matinée, tout en bas du parcours. Aussitôt passé le gué, ont constate que de nombreuses plantes aquatiques, notamment de la renoncule, a envahi une bonne moitié du lit en rive droite. Le courant est ralenti, la bordure est impraticable ou presque, les roches et autres caches sont colmatées donc il apparait bien difficile de vouloir pêcher à la nymphe à vue dans ces conditions. Tout au long de la descente vers la fin du parcours, les poissons se feront rares et c’est au bout du champ que nous allons pouvoir attaquer convenablement les premières truites. J’en observe une juste devant une pierre qui nymphe de temps en temps, je décide de la tenter à l’arbalète et je la manque au ferrage. Je reste zen malgré tout et me reposte derrière l’arbuste qui me sert de protection pour ne pas être vu des poissons. Quelques minutes plus tard, une zébrée qui tournait jusqu’ici hors de portée se rapproche du piège que je lui tends, elle se place au même endroit que la précédente, j’arme l’arbalète, la nymphe ultra légère descend au ralenti dans la couche d’eau. D’un coup la belle avance de quelques centimètres et ouvre une large gueule, elle la referme et dans l’instant je ferre. Bizarrement, il ne se passe rien ! Je pense avoir dépiqué mais cela me semble étrange, je relance pour voir l’impact de la mouche sur l’eau, pas d’impact, j’ai cassé ! Je n’en crois pas mes yeux, la truite n’était pas de taille à faire rompre le fil sur un simple ferrage même à courte distance surtout que je ne pense pas avoir ferré comme un âne. En inspectant le bas de ligne, je me rends compte que je n’ai pas cassé au nœud de la mouche ni sur le raccord avec le porte pointe mais en plein milieu de la pointe qui mesurait presque trois mètres. Cette pointe n’avait quasi pas servi, moins de dix minutes effective de pêche, je n’ai pas le souvenir de l’avoir accrochée donc je pense raisonnablement que mon fluorocarbonne avait un défaut de fabrication. Cela me servira de leçon, désormais je vérifierai mon fil même au sortir de la bobine chose que je ne faisais pas de façon systématique jusqu’ici. Malgré cet incident de parcours, je restais zen, chose plutôt rare je dois bien l’avouer. Le temps de refaire une pointe que déjà une autre truite venait se poster mais plus en retrait de la roche, cette fois il allait falloir lancer en essayant de ne pas faire fuir la belle zébrée. La deuxième dérive fût la bonne et ma petite nymphe « buillon d’olive » se retrouvait dans le champ de vision de la truite qui n’a pas eu besoin de faire d’effort pour s’en saisir. Cette fois tout s’est déroulé normalement et la première zébrée du séjour tombait rapidement dans l’épuisette.


Pendant ce temps là, les trois Séb s’étaient eux aussi trouvés un ou deux poissons à attaquer mais avec moins de réussite. Ensuite nous sommes remontés gentiment vers le "camp de base" tout en pêchant le peu de poste possible. Au niveau du gué nous sommes passé en rive gauche, le soleil étant bien plus haut il devrait moins nous gêner. Malheureusement, même constat sur cette rive, la renoncule envahit les zones avec un courant moindre et de nombreuses caches sont obstruées. Quelques poissons se promènent de-ci de-là mais sans plus, rien à comparer avec les années précédentes où derrière chaque caillou un poisson était posté ! Nous avons pris le temps pour explorer cette zone afin que chacun puisse découvrir le parcours. Le peu de truites aperçues sur la rive gauche restaient tout de même très méfiantes, comme dans mes souvenirs. Séb le pareur et Séb le couvreur, qui n’avaient jamais arpenté les berges de "chez Sanso", étaient tout de même heureux d’apercevoir la robe des farouches zébrées, même si elles étaient impossibles à pêcher. Au cours du repas de midi où nous avons fait un barbecue accompagné de ses patates dans la braise, j’élaborai la stratégie pour l’après midi, nous allions reprendre la rive gauche mais cette fois vers l’amont. Pour tout dire c’est l’endroit que je préfère sur le parcours, peut-être parce que c’est justement là que j’ai pris ma première zébrée à la nymphe à vue avec l’ami Jean-Marc Somaré pour professeur ?

Toujours est-il que nous avons prospecté cette rive au ralenti, Comme le matin, le peu de truites aperçues semblaient peu enclines à vouloir prendre la mouche. Mais la situation allait se débloquer au fur et à mesure de l’après midi. Quelques zébrées vont tout de même tomber dans le filet de mon épuisette grâce à deux nymphes en particulier, "l’Absolute no refuse" noire et toujours la fameuse "buillon d’olive". La chaleur se fait pesante cette après midi là, réfugié à l’ombre avec Séb le couvreur nous observons le temps de fumer "la garo", Séb le bikeur qui s’agenouille, à priori il a du repérer une truite sur la bordure. Il lance sa nymphe à plusieurs reprises avec des gestes mesurés pour ne pas attirer l’attention du poisson. Tout à coup, il ferre et se projette en avant dans le talus, le poisson s’est emparé de sa nymphe. Je me saisi dans l’instant de mon appareil photo numérique, un baroudeur hors pair de marque Olympus, le 1030 SW, et je commence à filmer. La descente du talus est rocambolesque, le combat de Séb aussi. La truite est plutôt jolie, c’est la plus grosse capturée jusqu’ici mais le combat est loin d’être gagné, la belle se défend corps et âme. Je propose à Séb de l’aider tout en filmant car son épuisette semble bien petite par rapport à la taille du poisson. Après quelques péripéties, la truite va enfin entrer dans l’épuisette et cela sera un grand soulagement pour nous deux car à deux reprises elle a failli me passer entre les jambes, la diablesse ! Après une petite séance photo, la belle va rejoindre son élément sans trop demander son reste. Séb le pareur a entendu depuis sa cachette qu’il se passait quelque chose et nous a rejoints pour admirer cette splendide truite. A partir de ce moment, nous nous sommes dit tous les quatre que rien que pour ce poisson là, notre séjour valait la peine. Retrouvez le combat dans le post intitulé "Truite zébrée de la Loue chez Sanso à cademène"



Le reste de l’après midi deviendra anecdotique, remplissage de cuissarde pour l’un des poissons dépiqués pour d’autres et la chaleur qui nous assomme toujours. Petit passage par le camp de base histoire de boire une bière bien fraîche avant de se mettre en place pour le coup du soir. Je vais chercher le passage pour me mettre en poste sur une plateforme mais je ne vais pas le trouver. Ne voulant pas mouiller la dynamo, je chercherai un poste avec moins d’eau. Le coup du soir sera inexistant, la renoncule empêche toute dérive et de surcroît sur celles-ci se dépose de la mousse très dense chargée en alluvions divers et variés qui dés lors que l’on marche dessus, trouble l’eau de façon spectaculaire. C’est ainsi que s’achèvera cette première journée de pêche chez Sanso. Après un rapide repas, Séb le pareur doit reprendre la route en direction des Vosges, il va avoir de quoi se remémorer sa journée le long du retour. Pas un poisson n’est venu au fond de sa large épuisette mais il s’en est fallu de peu, la prochaine fois sera la bonne. Pour une première je pense qu’il s’est fait plaisir à voir autre chose et contrairement à la sortie sur la Bienne, cette fois il les a bien vu les truites zébrées.

Le lendemain matin, nous ne perdons pas de temps et c’est direction le bas du parcours comme la veille. Il y a moins de poissons visibles, malgré tout mon padawan va rester sur place un long moment, il est resté d’une patience extraordinaire. Séb le bikeur et moi avons des fourmis dans les jambes et nous allons bouger et ainsi remonter la bordure sans grand succès. Arrivé au gué, je vois qu’une retourne est encore à l’ombre et je décide de traverser. Séb en fait de même, des poissons se promènent en quête de nourriture dans la retourne, enfin on va pouvoir attaquer les choses sérieuses. Je repère un poisson depuis la berge haute, je descends le talus et me tiens à distance de la truite, je commence à la pêcher. Séb qui ne voit pas suffisamment l’impact de ma nymphe non plombé ne pourra pas me guider et c’est ballot car en réalité pendant presque dix minutes, je vais pêcher une herbe ! C’est en avançant un peu que je vais me rendre compte de mon erreur, il faut dire que cela me semblait étrange que ce poisson ne prenne pas la nymphe ou qu’il ne s’enfuie pas. La truite, tranquille était deux mètres plus loin camouflée sur le fond mais elle n’a pas voulu croquer l’offrande. Je restais sur ce secteur car quelques truites tournaient au loin et l’une d’elles finirait bien par entrer dans la retourne pour se goinfrer de diverses nymphes. J’avançais au ralenti dans cette zone, toujours à l’ombre, et de façon à ne pas faire la moindre vague pour ne pas alerter les truites. En voilà une qui maraude à porté de lancer, elle remonte le courant en nymphant, je lui dépose la nymphe sur son axe et s’est sans se faire prier qu’elle s’empare de mon "Absolute no refuse" à pleine gueule. Elle n’est pas énorme mais je suis content de moi, ma patience a fini par payer. Je continue à descendre la rivière au ralenti  car je vois plus en aval du mouvement  en surface. C’est là où je vais assister à un superbe spectacle, en fait une truite carnassière essaye de s’emparer de petits poissons blancs en surface. Elle se dissimule sur le fond pour attaquer de façon soudaine dés que les poissonnets sont regroupés, j’ai regardé pendant plus d’un quart d’heure ce jeu du chat et de la souris comme fasciné. Bien caché dans l’ombre d’un saule, la truite n’a jamais détecté ma présence à tel point qu’elle est passée à cinquante centimètres de mes cuissardes ! Au moment où je me suis décidé à la tenter avec une nymphe tête orange, j’ai vu cette carnassière réussir son coup et partir avec un poisson dans la gueule, elle a aussitôt disparu du secteur pour se délecter de son repas qu’elle avait au final bien mérité.  La matinée était déjà bien avancée quand Séb le bikeur m’a rejoint, et nous avons décidé de remonter tranquillement vers le camp de base toujours sur la rive gauche. Séb le couvreur, mon padawan, était resté tout en bas du parcours jusque là et nous retrouvait seulement. Juste au dessus du gué, quelques dizaines de mètres à peine, Dans une petite cuvette autour de roches, des truites sont en maraudes, nous descendons dans le talus de part et d’autre de la cuvette, les truites se cavent à mes pieds. La position est inconfortable mais cela ne va pas durer longtemps, déjà les truites sortent de leur cachette, un peu timidement dans un premier temps, comme pour inspecter si les intrus sont encore là. Elles retournent brièvement sous la roche mais ressortent moins d’une minute plus tard, la plus grasse des deux est légèrement sur ma droite, je tente une arbalète, au premier passage la nymphe est engloutie par la gourmande truite. Décidément, je suis en veine aujourd’hui, Séb est tout de même content même si pour le moment il n’a pas fait plier le carbone autrement que par les lancers … Nous allons continuer à tenter quelques truites en poste sur cette bordure jusqu’au moment du repas de midi. Il y a plus de poissons que la veille sur ce secteur et nous décidons que ce soir le coup du soir se fera là.

Après le repas du midi, encore un barbecue, nous repartons sur le haut du parcours comme la veille. Je suis certain qu’il y a encore des poissons à faire, cette fois je laisse un peu Séb le couvreur se débrouiller un peu tout seul maintenant qu’il connaît mieux le parcours. Sur les postes bien marqués en montant aucun poisson n’est présent, notamment sur la grosse retourne du virage après les échelles, c’est étrange. Un peu plus en amont nous allons enfin apercevoir quelques truites. Chacun de nous va en tenter plus d’une avec plus ou moins de réussite. Sur le même secteur que la veille où Séb le bikeur avait trompé la belle truite, j’aperçois une zébrée qui se gave littéralement de nymphe, elle n’est pas bien grosse mais faute de grives, on mange des merles. Je tente cette truite qui a un comportement de dingue, elle bourre sur ma nymphe à plusieurs reprises sans qu’a aucun moment je ne réussisse à la piquer ! Je me prépare à faire un nouveau lancer quand je vois une fario méditerranéenne de taille bien plus conséquente, entre quarante-cinq et cinquante qui remonte dans ma direction. Elle fait fuir la plus petite et se poste à sa place, le poste doit être bon ! Je me dis que c’est une aubaine pour moi, j’ai déjà tenté plusieurs dérives sur ce coup là donc ça va être du gâteau pour faire le geste parfait. En cours de lancer, voilà que la truite se déplace légèrement vers l’amont, j’ajuste le tir juste au raz d’une branche qui pendouille, la nymphe tombe pile poil, dérive parfaite, la truite avance  pour se saisir de la nymphe, je vois le blanc de la gueule et jubile d’avance, je ferre et vois la truite qui secoue la tête rageusement avant de s’enfuir hors de ma vue ! J’enrage, je viens de louper cette truite, je pense que le ferrage n’a pas été assez appuyé, c’était le plus gros poisson que j’avais attaqué sur ce séjour et je viens de laisser passer ma chance.

Il va me falloir un moment pour digérer cet échec et je décide d’aller voir où est la fin du parcours en amont. Jusqu’ici je ne l’avais jamais fait, à peine sur place j’entends crier au loin, on dirait bien la voix de "Séb le bikeur", il doit être pendu avec un beau poisson pour hurler de la sorte. Je repars en courant vers l’aval pour revenir dans le secteur où j’étais précédemment, sur la même gravière à un poste près, Séb venait de piquer une belle truite. J’arrivais en plein milieu du combat, la belle cette fois encore se débattait afin de se défaire de ce piège mais rien n’y fit. Cette fois, Séb a entièrement géré son duel en mettant la jolie zébrée dans sa propre épuisette qui semblait bien remplie, une fois la truite dedans !


Plus tard, je reviendrais sur la retourne en face des échelles, et après un long moment d’attente, je vais réussir le hold-up parfait en moins de cinq minutes deux zébrées vont faire la rencontre avec ma nymphe puis le fond de mon épuisette. Ensuite j’essaierais de retrouver mon padawan qui est toujours à la recherche de sa première truite et je vais le retrouver complètement dépité et pour cause. Il a bien eu le droit à la rencontre avec dame fario mais cette dernière a gagné le combat au moment de la descente dans le talus, le moulinet du padawan s’est emballé et la soie a foisonné provoquant la rupture du fil. Quel dommage, mais ce n’est pas la première fois qu’il se fait avoir de la sorte, déjà sur la Bienne en avril dernier il avait subit le même genre de mésaventure ! Comme s’il était utile de le rappeler, je dis une nouvelle fois sur ce blog qu’il me semble capital de posséder un moulinet en bon état de fonctionnement et avec un frein capable de maîtriser les pointes en dix centièmes sans risque de rupture ou d’emballement. L’heure est déjà bien avancée et il faut se remotiver pour le coup du soir, nous allons tous les trois sur l’endroit décidé ce matin même. Chacun se met en place, moi je me poste juste en amont de la grange Golgru tandis que mes deux comparses sont postés à une centaine de mètres au dessus. Le temps est en train de changer, il n’y a pas d’activité mis à part quelques ombres, les dérives sont quasi impossibles la aussi à cause de la renoncule aquatique. La brume arrive par vagues successives et je me dis que je vais tenter le tout pour le tout en me déplaçant juste en amont du camp de base toujours en rive gauche. A peine le temps de me mettre en place que la pluie arrive, la lumière baisse et finalement j’abandonne sans avoir fait de miracle au coup du soir.

C’est bien à l’abri que nous allons partager le repas du soir. La pluie ne va pas cesser de tomber toute la nuit à tel point que le lendemain, jour du 15 Août, la rivière a remonté de presque vingt centimètres. Seulement vers cinq heures du matin la pluie va s’arrêter, ce qui va nous permettre de dormir un peu au silence. Nous décidons d’attendre que les tentes sèchent un peu avant de replier et nous quitterons finalement la zone vers onze heures.

Si je devais tirer un bilan de ce séjour, il apparaît évident que le stock de truites à énormément baissé, je ne saurais pas donner un pourcentage mais c’est énorme. Je me souviens d’une époque pas si lointaine où derrière chaque caillou ou presque, une truite était à l’affût. Ce qui pourrait paraître rassurant c’est la présence de toutes petites truites sur presque tout le parcours. Pour autant que la rivière souffre d’un gros manque de poisson, j'ai rarement pris autant de poissons sur le parcours qu’en ces deux jours, pour cela deux hypothèses. Soit je me suis amélioré, il y a des chances, soit la pression de pêche est moindre et cela j’en suis presque sûr. Mais ce qui me dérange le plus c’est l’envahissement de la végétation et plus particulièrement de la renoncule, pourtant en ce milieu d’année les coups d’eau ont été nombreux, la rivière aurait dû être bien plus propre, du moins je le pense. D’autres algues très denses colmatent le fond par endroit et dès lors que l’on marche dessus cela libère de la matière en suspension, je n’avais pas le souvenir de cet état de fait par le passé. Cette magnifique rivière est en train de changer et j’espère simplement qu’il n’est pas trop tard. Avec la directive cadre sur l’eau qui induit un bon état écologique des eaux prévu pour 2015 cela devrait s’arranger du moins je l’espère !

Je suis tout de même content d’avoir passé un superbe week-end sur le parcours de chez Sanso et les trois Séb n’en pensent probablement pas moins. Deux ont découvert le parcours et un autre qui réussi à prendre deux splendides poissons, que demander de plus ? L’année prochaine nous retournerons sur la légendaire "Loue chez Sansonnens" pour voir l’évolution qui j’ose l’espérer sera dans le bon sens …


Message perso à mon padawan : la prochaine fois mets des bretelles à tes cuissardes cela t’évitera de tremper la dynamo !

1 commentaire:

sebpetitjean a dit…

salut manu

Très beau réçit de cette aventure qui pour moi à durée une journé (le samedi), mais qui restera graver dans ma mémoire. Je te confirme que sur le ghemin du retour j'avais des truite plein la tête, malgré un manque de réussite pour mettre un poisson à l'épuisette j'ai pu voir que j'avais fait des progré sur l'approche des poisssons. Je terminerai en disant vivement l'année prochaine pour que l'on retourne "chez sanso", dans ce cadre magnifique et mettre pourquoi pas une belle truite zébré dans l'épuisette.
Un grand merci au deux Séb et à toi manu pour cette très belle journé.

++séb